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La chimiothérapie anticancéreuse perturbe le goût

Panorama du Médecin, 18 septembre 2006

L’étude INPES, réalisée auprès de 1 800 patients pour l’Institut national du cancer (Inca), montre que 2 patients sous chimiothérapie anticancéreuse sur 3 se plaignent de troubles rendant difficile la prise des repas : fatigue, nausées et vomissements, douleurs d’estomac et d’intestins, ballonnements, impression d’être rassasié après quelques bouchées, constipation ou diarrhée, problèmes salivaires, de mastication et de déglutition, sensation de bouche sèche… 38 % d’entre eux disent avoir moins d’appétit, d’où un amaigrissement fréquent.
La dénaturation du goût des aliments est l’une des causes de cette perte d’appétit : 51 % des patients traités soulignent cette modification. Parmi eux, 37 % présentent une hypogueusie (sensation de goût moins intense), 7 % perçoivent, à l’inverse, plus intensément les saveurs et 6 % parlent d’une réelle modification des goûts. Une distorsion qui semble progresser avec l’avancée du traitement. Pour d’autres, c’est la persistance d’un goût désagréable (amer ou métallique le plus souvent) dans la bouche qui est le plus pénible. Au total, 63 % des malades traités par une chimiothérapie anticancéreuse sont affectés par ces goûts dénaturés ou persistants en bouche. Par ailleurs, 43 % des patients déclarent ne plus pouvoir supporter certaines odeurs : les parfums, le tabac et des odeurs alimentaires, surtout de gras, de friture, de poisson et de viande. Curieusement, 12 % déclarent, au contraire, apprécier davantage certaines odeurs, en majorité agréables (parfums, fleurs, fruits), au point parfois de retrouver l’appétit ou l’envie de manger (4 % des cas) …