Les experts répondent aux critiques, chiffres à l’appui : le dépistage du cancer du sein, généralisé depuis 2004, est « rentable ».
Panorama du Médecin, 6 novembre 2006
Plusieurs articles récents ont remis en question l’intérêt du programme de dépistage organisé du cancer chez les femmes de 50 à 74 ans, généralisé depuis janvier 2004. C’est pour répondre à ces critiques - portant sur l’impact réel d’un tel dépistage et sur le risque de « sur-diagnostic » - que l’Institut de veille sanitaire et l’Institut national du cancer viennent de publier conjointement un texte intitulé « Dépistage du cancer du sein : que peut-on dire aujourd’hui ? ». Ce document rappelle que de nombreux groupes d’experts internationaux (américains, anglais, suédois, danois, hollandais…) ont déjà montré que le dépistage organisé abaissait davantage la mortalité que le dépistage individuel. Selon le Centre international de recherche sur le cancer, la réduction de la mortalité chez les femmes de 50 à 69 ans ayant choisi de participer à un programme de dépistage est estimée à environ 35 % (par rapport aux femmes témoins).
Le risque de « sur-diagnostic », autrement dit la détection de cancers qui ne se seraient pas déclarés du vivant de la personne, est plus difficile à évaluer dans la mesure où toutes les lésions ainsi découvertes sont traitées. Néanmoins, les études estiment qu’après un suivi d’une quinzaine d’années, ce risque est de l’ordre de 10 %. Ce qui représente tout de même 10 % de femmes traitées alors qu’elles n’auraient pas dû l’être et montre la nécessité de mettre au point des marqueurs plus fins de développement des tumeurs.