Une analyse des transplantations hépatiques pour hépatocarcinome réalisées en Europe entre 1996 et 2004, montre que leur nombre a triplé et que le taux de survie est meilleur.
Panorama du Médecin, 10 avril 2007
La transplantation hépatique (avec donneur vivant ou décédé), indiquée lorsque le foie n’est plus capable d’assurer son rôle dans la transformation des nutriments et l’élimination des substances toxiques - le plus souvent en cas de cirrhose due à une hépatite virale ou à l’alcool - et qu’il n’y a plus d’alternative possible, est la plus fréquente des greffes d’organe après celle du rein. L’équipe du Pr René Adam (Centre hépato-biliaire de l’hôpital Paul-Brousse, Villejuif) vient d’analyser les quelque 6 000 transplantations hépatiques pour hépatocarcinome recensées entre 1996 et 2004 dans le Registre européen des transplantation hépatiques. Ce travail montre que, durant cette période, le nombre d’interventions a triplé pour atteindre les 900 transplantations annuelles et que le pronostic s’est amélioré avec une augmentation de la survie qui atteint globalement les 70 % à 4 ans.
Les hépatocarcinomes sur cirrhose constituent le plus gros de ces transplantations (90 %) et parmi elles, deux tiers sont la conséquence d’une hépatite virale chronique. Parmi les cirrhoses virales, les patients porteurs du virus B ont une bien meilleure survie que les porteurs du virus C : 70 % contre 56 %, ce qui suggère un rôle protecteur pour l’instant inexpliqué, du virus de l’hépatite B. Par ailleurs, les transplantations avec donneur vivant semblent donner les mêmes résultats en terme de survie que celles avec donneur décédé. Autre conclusion intéressante : les femmes transplantées enregistrent de bien meilleurs résultats mais, là encore sans que l’on puisse l’expliquer.
* Source : Journées francophones de pathologies digestives, Lyon (du 19 au 21/3/07).