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La douleur des membres fantômes


Selon une chercheuse québécoise, la douleur ressentie par les amputés - très difficile à soulager complètement - serait liée à la réorganisation des neurones qui se produit après l’amputation.

Panorama du Médecin, 4 juin 2007


Plus que l’amputation elle-même, c’est la douleur intense générée par le « membre fantôme » qui est invalidante. Pour le Dr Catherine Mercier, du Centre Interdisciplinaire de recherche en réadaptation et en intégration sociale (CIRRIS) de Québec, cette douleur serait liée au phénomène de plasticité cérébrale, une réorganisation neuronale qui se produit au cours des mois suivant l’amputation et fait en sorte que d’autres parties du corps viennent « coloniser » la zone du cortex sensori-moteur, jusque-là associée au membre perdu. Jusque-là, on pensait que le cerveau récupérait l’espace cortical laissé vacant pour améliorer d’autres fonctions et que cette réorganisation était non seulement normale mais favorable à l’amputé. En fait, selon la chercheuse, cette réorganisation serait la cause même de la douleur. Des études ont en effet démontré que plus cette plasticité était importante, plus la douleur était vive. Cette adaptation du cerveau que l’on a toujours crue bénéfique serait en réalité une mauvaise adaptation cérébrale, dont le signe patent serait justement cette douleur.
La chercheuse québécoise s’apprête maintenant à utiliser la stimulation magnétique transcrânienne chez une quinzaine d’amputés pour activer artificiellement les neurones du cortex moteur et mettre en mouvement le membre fantôme. Elle pourra ainsi dresser une carte de la réorganisation cérébrale et vérifier si l’ampleur de la réorganisation neuronale est bien corrélée avec l’intensité de la douleur ressentie par le patient. L’étude devrait durer 3 ans.

* Source : Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et en intégration sociale (CIRRIS) de Québec.