Panorama du Médecin, 2 octobre 2006
Toutes les femmes savent que fumer pendant la grossesse entraîne davantage de fausses-couches et d’accouchements prématurés et influe sur le poids de naissance. Mais ce n’est pas tout. Dès la naissance, les bébés nés de mères fumeuses ont également davantage d’infections respiratoires, d’asthmes et d’autres affections pulmonaires de nature allergique que les autres nouveau-nés. Des chercheurs australiens* viennent de monter par quels mécanismes. Ils ont en effet découvert que le tabagisme chez la femme enceinte entraînait des modifications très sensibles de la production de certaines cytokines (interleukine 6, TNF), des substances associées à des cellules particulières du système immunitaire. Ces anomalies provoquent un effondrement des défenses innées et freinent la maturation du système immunitaire acquis par l’enfant après la naissance. Selon l’équipe australienne, ce lien entre le tabagisme pendant la grossesse et l’affaiblissement des défenses naturelles du nouveau-né est indépendant d’autres facteurs de risque connus comme l’existence d’une allergie chez la mère, un niveau socio-économique bas ou l’usage de drogues.
Ces résultats sont pour le moins inquiétants car ils suggèrent que le tabagisme de la femme enceinte est capable d’affecter négativement la programmation immunitaire de son futur enfant et peut ainsi accroitre son risque de développer ultérieurement des maladies allergiques. Une piste de recherche que se proposent de suivre les chercheurs.
*« European Respiratory Journal » (ERJ), septembre 2006