Des études suggéraient déjà le rôle protecteur de l’allaitement contre certaines maladies allergiques comme l’asthme. Des chercheurs français viennent de montrer pour la première fois par quels mécanismes.
Panorama du Médecin, 4 février 2008
Une équipe de l’INSERM (unité 924), lors d’une étude* conduite chez la souris vient de montrer que le passage dans le lait maternel d’un allergène respiratoire, diminue de façon importante la réponse allergique chez le petit allaité. Après avoir exposé des souris allaitantes à des allergènes diffusés dans l’air, ces chercheurs ont observé que l’allergène inhalé passait dans le lait 3 à 4 heures après. De plus, une fois devenus adultes, les souriceaux allaités par des mères exposées à des allergènes étaient résistants à l’induction de l’asthme. Chez ces souris, la réponse allergique a en effet diminué de 60 à 80 % par rapport à la réponse de celles qui étaient allaités par des souris non exposées. Selon les chercheurs, la protection transmise par la mère dépend de la présence conjointe dans le lait de l’allergène et d’ une molécule immunosuppressive, le TGF bêta1, qui empêche l’activité du système immunitaire et favorise le développement d’un état de « tolérance ».
Cette étude pourrait déboucher sur de nouvelles stratégies de prévention de l’asthme en modifiant les pratiques d’allaitement et la qualité des laits artificiels.
*Etude parue dans la revue Nature Medicine le 27/01/08