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La maladie expliquée  

La polyarthrite rhumatoïde

La polyarthrite rhumatoïde est un rhumatisme inflammatoire chronique qui touche, comme son nom lindique, plusieurs articulations. Cest le plus fréquent des rhumatismes inflammatoires chroniques en France puisquil affecte de 0,2 à 0,5% de la population. La PR est plus fréquente chez la femme que chez lhomme (3 à 4 femmes pour 1 homme) et débute généralement à la cinquantaine, parfois un peu plus tôt.

Paru le 29/09/2006 - Créé le 27/09/2006


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Les symptômes articulaires

  • Au début, la PR se manifeste par des douleurs aux doigts, aux mains, aux poignets et/ou aux pieds. Ces douleurs sont bilatérales et surviennent en fin de nuit. Elles sont accompagnées dune raideur des articulations qui disparaissent après le classique «dérouillage» matinal d'au moins 30 minutes et de gonflements.
    Il est rare à cette phase de la maladie que l'atteinte articulaire touche le bassin ou les épaules mais cest possible.
    Une fièvre peut être présente.
    C'est stade du début de la maladie que les traitements ont le plus de chance d'être efficaces.

  • La polyarthrite rhumatoïde est une maladie capricieuse. L'évolution n'obéit à aucune règle et on ne peut prévoir d'emblée ni la gravité, ni le rythme de l'évolution. Mais généralement la polyarthrite rhumatoïde évolue par poussées séparées par des périodes pendant lesquelles les symptômes diminuent ou disparaissent.
    Chaque poussée laisse des séquelles irréversibles.

  • A la longue, le handicap s'installe qui altère la qualité de vie du patient. Celui-ci éprouve des difficultés à saisir et porter des objets, à écrire et à faire des activités manuelles de précision.
    La marche devient difficile mais le recours au fauteuil roulant est exceptionnel.

Les autres atteintes

  • La PR peut également affecter d'autres localisations, surtout dans les formes graves et anciennes. Les poumons, le cœur, les vaisseaux, les nerfs, la peau et le système digestif peuvent être concernés mais rarement.

  • La PR est souvent associée à une atteinte appelée syndrome de Gougerot-Sjögren (ou syndrome sec) qui consiste en une insuffisance de sécrétion des larmes et de la salive.

  • Il existe parfois, associé à l'atteinte articulaire, d'autres signes dont les plus fréquents sont les nodules Rhumatoïdes (20% des cas environ) ; ce sont des tuméfactions généralement peu douloureuses ou indolores qui siègent au niveau du coude.

Les examens

  • Les examens de sang montre une augmentation de la VS (vitesse de sédimentation) qui traduit une inflammation, parfois une anémie.

  • On recherche aussi la présence du facteur rhumatoïde et d’anticorps anti-citrullinés (anticorps anti-CCP) dont l’absence ne permet pas d’éliminer une PR.

  • Les signes radiologiques n'apparaissent que lorsque l'inflammation de la synoviale a entraîné des lésions du cartilage articulaire. Ils sont donc tardifs.

  • L’IRM peut être utile au début de la maladie. Elle permet de voir l’inflammation et des lésions assez caractéristiques de la PR non visibles sur les radiographies classiques. ce qui est important car le diagnostic doit être fait le plus tôt possible pour que le traitementsoit leplus précoce possible.

  • L’échographie est un examen très performant pour visualiser l’inflammation voire les dégâts articulaires. Elle peut ainsi faciliter un diagnostic précoce dans certaines conditions. De plus, c’est un examen peu coûteux.

Pourquoi et comment se développe la PR?

  • La cause exacte de la PR demeure inconnue. On sait toutefois qu'il existe une prédisposition familiale et que la maladie n'est pas forcément transmise d'une génération à une autre mais que le gène lié à laugmentation du risque d'apparition de la PR est plus courant au sein des familles des personnes atteintes. ce qui ne veut pas dire que la maladie se déclare chez toutes les personnes qui portent ce gène.

  • Le mécanisme invoqué dans l'apparion de la PR est un dérèglement du système immunitaire qui nous défend des agressions extérieures.Si on ne sait pas pourquoi il se dérègle, on sait qu'il touche principalement la membrane synoviale.Cette membrane entoure les extrêmités cartilagineuses en contact dans une articulation.
    En cas de PR, la synoviale s'épaissit (c'est le "pannus" synovial) et le tissu formé devient agressif et entraîne des lésions des extrêmités osseuses.
    Des encoches osseuses sur les radios sont les premiers signes d'un rhumatisme destructeur. Puis les attaches de la synoviale sur les os se déchirent, l'articulation se relâche et les mouvements répétés la déforment.

Quels sont les traitements?

  • Les anti-inflammatoireset les antalgiques agissent sur les symptômes (douleurs, raideurs, gonflements).

  • Les traitements de fond sont dirigés contre le dysfonctionnement du sytème immunitaire. Ils mettent plusieurs semaines à exprimer leur efficacité. Ils sont d'autant plus efficaces qu'ils sont administrés tôt. Leur vocation est de prévenir ou de ralentir la formation de lésions.

  • Le traitement chirurgical est réservé dans certains cas lors d'échec du traitement médical ou d'évolution grave de la maladie.Il peut s'agir de:

    • l'ablation de débris de cartilage dans l'articulation,

    • d'une synovectomie: ablation de la synoviale;

    • d'une synoviothèse: destruction de la synoviale,

    • du remplacement de l'articulation.