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Examens complémentaires  

L'électroencéphalogramme en privation de sommeil

La technique de l'EEG en privation de sommeil peut être employée en cas de suspicion d'épilepsie. Une enquête montre cependant la grande confusion qui règne à propos de cet examen et la nécessité d'établir des recommandations.

Paru le 10/08/2006 - Créé le 24/07/2006

Dr Aurélie de Palma

En cas de suspicion d'épilepsie, un EEG en privation de sommeil est parfois prescrit. Or, il apparaît que cette technique est mal connue par les médecins non-spécialistes qui appréhendent mal la valeur et les indications des tracés de sommeil ou en privation de sommeil.

TH Glick de Cambridge, Massachusetts a mené a cet égard une petite enquête. Il a interrogé par questionnaire 49 hospitaliers non-neurologues, en leur demandant de définir respectivement un EEG de sommeil et en privation de sommeil, de citer les indications des deux méthodes et d'indiquer leurs connaissances sur le sujet. Parallèlement, il s'est entretenu avec 15 neurologues, a contacté des organisations professionnelles nationales, a fait une recherche bibliographique de textbooks et autres recommandations tout en répertoriant les divers protocoles utilisés.


Les résultats attestent d'une grande confusion chez les non- neurologues :

  • 20 % assimilaient un EEG de sommeil à un tracé de sommeil

  • 55 % assimilaient un EEG de sommeil à un EEG en privation de sommeil

  • 35 % ne connaissaient pas les indications d'un EEG de sommeil ou en privation de sommeil

  • 78 % ne connaissaient pas le protocole utilisé.

Or, les prescriptions d'EEG étaient dans cet hôpital le fait de 41 % des médecins non-spécialistes et de seulement 25 % des neurologues.

De plus, si ces derniers étaient plus au courant des techniques et des controverses concernant celles-ci, la plupart n'avaient pas recours à l'EEG en privation de sommeil en routine, notamment en raison des difficultés pratiques, et étaient incapables de citer aucun texte de recommandation. De fait, la littérature apparaît particulièrement muette sur le sujet même si les experts s'accordent pour dire que la privation de sommeil produit une activation substantielle des décharges épileptiformes interictales.

Au total, en regard de la grande confusion qui semble régner au sujet de l'intérêt et de la pratique des EEG en privation de sommeil, l'auteur plaide pour la mis en place de recommandations et d'une étude comparative des différentes méthodes alternatives susceptibles d'accroître les possibilités diagnostiques.

Bibliographie

Glick TH : « The sleep-deprived electroencephalogram. Evidence and practice », Epilepsia novembre 2002; 43(11): 1390-1398.