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Vivre après un AVC  

Le retour à la maison

Enfin, le moment tant attendu est arrivé : celui du retour à la maison. Avec la perspective d’une vie normale, mais de nouvelles difficultés à affronter. Quelques trucs et astuces pour accomplir au mieux les gestes de la vie quotidienne.

Paru le 23/08/2006 - Créé le 23/08/2006

Santea.com

Revenir chez soi est un soulagement. Mais la vie quotidienne peut s’avérer compliquée quand un handicap subsiste. D’après l‘enquête réalisée pour France AVC (www.franceavc.com) (1) auprès de victimes d’un accident datant de moins d’un an :

  • 23% des victimes ne peuvent pas faire entièrement seules leur toilette

  • 21% ne peuvent pas s'habiller entièrement seules

  • 16% ne peuvent pas aller aux toilettes ou les utiliser seules

  • 50% sont déclarées par l'entourage comme ne pouvant être laissées seules trop longtemps.

Parfois, le cadre de vie habituel n’est pas adapté : 17% des personnes interrogées ont dû déménager et 39% faire des aménagements à leur domicile.

La toilette, primordiale

Vous voulez vous sentir mieux ? Soignez d'abord votre apparence : une toilette ou une douche tous les jours ! Si vous pouvez le faire vous-même, fût-ce en peinant, ne manquez pas cette occasion d'améliorer votre mobilité. Cependant, attention ! Si vous n'avez pas totalement récupéré, qu'un membre de votre entourage reste avec vous.

Quelques conseils utiles :

  • installer des barres d'appui autour de la baignoire, de la douche et des WC,

  • prévoir un tapis de bain adhésif dans la baignoire (ou la douche) et au sol pour éviter de glisser,

  • si vous ne pouvez vous tenir debout de façon stable, faites placer, là où vous vous lavez, une chaise en plastique,

  • qu'un proche vérifie pour vous la température de l'eau pour vous éviter les brûlures,

  • il est important de sécher soigneusement la peau et de l'hydrater avec des crèmes protectrices, en insistant sur les zones de saillie osseuse (épaules, coudes, talons, bas du dos ou sacrum), plus sensibles à l'irritation causée par les draps.

Pour s'habiller seul

S’habiller soi-même est un pas important vers l’autonomie.

Quelques conseils pour que ce soit plus facile:

  • tous les vêtements seront rangés dans l'ordre où vous les mettrez,

  • commencer par s'habiller du côté atteint, et à se déshabiller du côté sain, le tout en restant assis,

  • un pantalon ou des chaussettes sont plus faciles à mettre quand la jambe malade est posée sur la jambe saine,

  • il est préférable, au début, de porter des vêtements pratiques et amples, comme des vêtements de sport, avec des ceintures élastiques ou des fixations Velcro.

  • les chaussures seront confortables et fermées, pour que le pied soit bien maintenu. Les semelles doivent être antidérapantes.

Le moment du repas

Avec de légers troubles de la déglutition

Après un AVC, la plupart du temps, on peine à mastiquer et à avaler (rétention d'aliments dans la gorge, régurgitations). On peut cependant s'alimenter normalement, si l'on suit certaines recommandations :

  • éviter tous les aliments qui ne sont pas de consistance homogène,

  • absorber de petites rations et lentement,

  • épaissir les liquides à l'aide de produits spéciaux ou de Maïzena, de bouillie...

  • la position est essentielle : vous devez être assis et porter les aliments à la bouche du côté sain. Il est plus facile de déglutir en penchant la tête en avant,

  • manger froid pour stimuler le réflexe de déglutition.

On récupère la faculté de déglutir les aliments solides avant celle d'absorber des liquides.

  • Les aliments conseillés : crèmes de légumes épaisses, compotes de fruits, yaourts, crèmes renversées, flans, oeufs brouillés, semoules épaisses, viande hachée, poissons.

  • Les aliments à éviter : viandes non hachées, gâteaux.

Avec une sonde gastrique

Certaines personnes sont totalement incapables de déglutir et doivent être alimentées avec une sonde (tube spécial introduit par le nez ou au travers de la paroi abdominale jusqu'à l'estomac). Quelques précautions sont à prendre absolument :

  • la position semi-assise est la position idéale, permettant d'éviter les reflux de nourriture,

  • il faut se nettoyer la bouche plusieurs fois par jour, même en dehors des périodes d'alimentation,

  • il faut se nettoyer les fosses nasales, surtout du côté où la sonde a été posée. Par ailleurs, il est conseillé, afin d'éviter que la peau ne s'abîme, de changer tous les jours le point d'appui,

  • si la sonde a été introduite dans la paroi abdominale, il faut nettoyer tous les jours la peau et les raccordements de l'appareil,

  • si vous vomissez ou toussez après avoir reçu les aliments, ou encore si vous souffrez d'une diarrhée abondante, consultez sans attendre votre médecin.

Aller d’une pièce à l’autre

Si un fauteuil roulant vous est nécessaire, il faut en dédramatiser l'usage et le considérer, au contraire, comme un outil qui vous facilite la vie pour un temps.

Pour rendre plus faciles vos déplacements :

  • les surfaces des différents éléments seront à la même hauteur et rapprochées. Le lit doit être surélevé, et le matelas dur. Une barre à la tête du lit peut être utile pour vous asseoir. Les chaises seront hautes, avec accoudoirs et dossier dur,

  • à cause des différences de niveau, il est parfois nécessaire, dans la maison, de réaliser quelques petites adaptations : installer des mains courantes, par exemple, ou une rampe d'accès pour fauteuil roulant. S'il existe des escaliers, il sera utile de fixer un siège à la rampe,

  • les tapis et carpettes seront ôtés.

  • les meubles seront disposés de manière à assurer des déplacements sans danger, avec autant de liberté de mouvements qu'il est possible.

Des précautions si l’on vit seul

Vivre seul, il faut s'en souvenir, n'est pas vivre isolé.

Organisez-vous, assurez-vous de pouvoir communiquer tous les jours avec vos amis ou vos voisins. Les relations avec un entourage amical favorisent votre réadaptation à une vie normale.

Afin que vous soyez tout à fait rassuré, on installera un système d'alerte. Ainsi pourrez-vous prévenir un voisin ou un service d'assistance directement, en cas de problème. On trouve même dans certaines villes un dispositif spécial, qui se porte au cou ou au poignet, et qui, sur simple pression, déclenche une alarme chez un proche ou dans un commissariat.

En cas d’immobilité prolongée

Après un AVC, la diminution de la force musculaire dans une partie du corps impose un degré plus ou moins important d'immobilité. Il faut tenter d'en éviter les complications immédiatement après l'accident. Les plus fréquentes sont :

Des complications d'ordre général :

  • Infections pulmonaires, urinaires...

  • Phlébites

Des complications locales :

  • Postures anormales des membres. Toute articulation située du côté paralysé risque de rester rigide et d'adopter des postures forcées, en raison de l'immobilité et de l'augmentation du tonus musculaire (spasticité), à mesure que le temps passe. Pour prévenir la rigidité, il est recommandé de bouger toutes les articulations au moins deux fois par jour.

  • Douleurs dans l'épaule paralysée. Elles sont en rapport, le plus souvent, avec des contractures musculaires locales. Des mobilisations régulières de l'articulation de l'épaule sont nécessaires pour les prévenir.

  • Escarres ou ulcérations par appui prolongé. Ce sont des lésions de la peau qui se forment dans les zones soumises à une pression continue (bas du dos, hanches, talons, coudes...). Il est possible de les éviter grâce à des changements fréquents de position (toutes les 3 heures) et à des massages circulaires dans les zones concernées.

Bibliographie

(1) Enquête menée pour France AVC sous l'égide de Pierre Aïach, sociologue, membre honoraire à l'INSERM, chercheur au CRESP, avril 2005.