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La maladie expliquée  

Le cancer colorectal, au premier rang des cancers en France

Le cancer colorectal est le troisième cancer en fréquence en France. Il représente 15 % de l’ensemble des affections cancéreuses avec environ 36 000 nouveaux cas par an.

Paru le 28/02/2008 - Mise à jour le 03/10/2006

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Comment le cancer colorectal se développe-t-il ?

  • Le cancer colorectal se développe habituellement sur une lésion préexistante, un adénome, initialement bénin et évoluant souvent sur plusieurs années. La fréquence des cancers développés sur un adénome est estimée entre 60 et 80 %.

  • Dans environ 5 % des cas, le cancer colique survient dans un contexte de maladies héréditaires prédisposantes.

  • Les maladies inflammatoires chroniques intestinales (Mici), type rectocolite ulcéro-hémorragique, exposent à un risque relatif de cancer colorectal, en fonction de l’étendue de la rectocolite et de l’ancienneté de la maladie. En revanche, dans la maladie de Crohn, le risque de cancer colorectal est encore discuté.

  • La plupart des sujets porteurs d’un polype ne développeront pas pour autant un cancer, mais il faut être vigilant et surveiller l’évolution du polype. Le risque d’évolution maligne est exceptionnel pour les adénomes de petite taille. La probabilité d’être atteint d’un cancer colorectal au cours de la vie est de 5 %, et le cancer colique est rare avant 50 ans.

  • Trois niveaux de risque de cancer colorectal sont individualisés :

    • le risque moyen qui concerne les sujets sans antécédent familial ou personnel de cancer colorectal, ou avec un seul parent du premier degré atteint à plus de 60 ans,

    • le risque élevé concerne les sujets dans les antécédents desquels on trouve un cancer rectocolique, un polype adénomateux de plus de 1 cm de diamètre, les sujets ayant un antécédent familial au premier degré (père, mère, frère sœur) qui ont eu un cancer colorectal avant 60 ans ou deux parents du premier degré quel que soit leur âge, les individus atteints de rectocolite hémorragique ou de maladie de Crohn ancienne.

    • le risque très élevé touche les sujets appartenant à une famille atteinte d’une forme héréditaire de cancer colorectal. Deux maladies génétiques sont bien individualisées : la polypose adénomateuse familiale (PAF) et le syndrome de cancer colique sans polypose ou syndrome de Lynch (Hnpcc).

  • L’influence de l’alimentation et de l’hygiène de vie.

    • Le rôle protecteur des fruits et des légumes fait l’objet d’un consensus, bien que les mécanismes de cette protection ne soient pas totalement élucidés.

    • Une forte consommation de viande rouge, de graisses, et la cuisson à haute température élèveraient le risque.

    • Le tabac et la consommation d’alcool multiplient le risque.

Les symptômes

  • Le cancer colorectal peut évoluer sans symptômes ; Quand ils existent, les plus fréquents sont :

    • des douleurs abdominales accompagnées de troubles du transit digestif (alternance constipation-diarrhée)

    • du sang rouge dans les selles ou selles noires (sang digéré),

    • du sang mis en évidence dans les selles par un test de dépistage,

    • une anémie (témoin du saignement),

    • une occlusion, qui révèle le cancer dans 20 % des cas environ

    • une fièvre inexpliquée

    • une altération de l’état général.

  • Dans 20 % des cas, la première manifestation du cancer du côlon consiste en une obstruction intestinale (occlusion).

Quels examens font le diagnostic?

  • Le diagnostic repose essentiellement sur la coloscopie (voir fiche « coloscopie ») qui permet de localiser la tumeur et de pratiquer une biopsie.

  • La tomodensitométrie (scanner) détermine l’extension de la tumeur en dehors de l’organe.

  • Le dosage de marqueurs tumoraux (antigène carcino-embryonnaire, CA 19-9) n’a pas de valeur diagnostique ; il constitue une valeur de référence utile en vue de la surveillance ultérieure du patient opéré.

Les traitements

Le traitement du cancer du côlon est essentiellement chirurgical et consiste en l’ablation du segment de gros intestin porteur de la tumeur. Les métastases hépatiques, si elles sont peu nombreuses, peuvent parfois être enlevées chirurgicalement ou détruites par le froid (cryoablation) ou par application de radiofréquences.

  • Dans le cas contraire, les schémas modernes de chimiothérapie procurent bien souvent des rémissions remarquables et une qualité de vie très satisfaisante.

Source :

Quotidien du Pharmacien, 20 février 2006