Comprendre l'AVC
Le mécanisme des AVC
Egalement appelé attaque cérébrale, l’accident vasculaire cérébral peut être dû à l’obstruction d’un vaisseau ou à sa rupture, ce qui provoque une souffrance du cerveau. Revue de détail des différents mécanismes en cause.
Paru le 23/08/2006 - Créé le 23/08/2006
Sommaire
- Qu'est-ce qu'un accident vasculaire cérébral (AVC) ?
- Quelles en sont les conséquences immédiates ?
- Qu’appelle-t-on AVC ischémique (infarctus cérébral) ?
- Qu'est-ce qu'un AVC hémorragique ?
- Et une hémorragie méningée ?
- Quelles sont les principales causes des AVC ischémiques ?
- Quelles en sont les autres causes ?
- Une artère obstruée peut-elle se « déboucher » ?
- A quoi est dû un AVC hémorragique ?
Qu'est-ce qu'un accident vasculaire cérébral (AVC) ?
L'accident vasculaire cérébral (AVC), aussi appelé "attaque", "ictus" ou "congestion cérébrale", est causé par une perturbation soudaine de l'irrigation d'une partie du cerveau. Il peut s'agir :
d'une artère bouchée par un caillot de sang, ce qui bloque la circulation sanguine, provoquant ce qu'on appelle un AVC ischémique ou infarctus cérébral (80 % des AVC)
de la rupture d'une artère déclenchant une hémorragie intracérébrale (15 % des AVC),
de la rupture d'une malformation vasculaire congénitale entraînant une hémorragie méningée (5 % des AVC).
Il existe donc deux types d'AVC :
les AVC ischémiques ou infarctus cérébraux, les plus fréquents (80 % des AVC),
les AVC hémorragiques (20 %).
Quelles en sont les conséquences immédiates ?
La lésion vasculaire entraîne une "souffrance" d'une région du cerveau. Les conséquences sont différentes selon la zone cérébrale touchée. Peuvent être atteintes :
les fonctions motrices : paralysie plus ou moins complète d'un ou plusieurs membres,
les fonctions sensitives : diminution ou disparition de la sensibilité de la face ou d'un ou plusieurs membres,
les fonctions visuelles : diminution de la vision dans un hémichamp visuel (moitié du champ), vision double (diplopie), baisse brutale de l'acuité visuelle d'un œil,
les fonctions du langage : difficultés d'élocution et parfois de compréhension,
la mémoire,
l'équilibre.
Qu’appelle-t-on AVC ischémique (infarctus cérébral) ?
Un AVC ischémique survient quand un caillot de sang bouche une artère, empêchant brutalement le flux sanguin d'irriguer une partie du cerveau. Il se manifeste par l'apparition soudaine d'une paralysie plus ou moins importante d'un ou plusieurs membres et/ou de troubles de la sensibilité (de même topographie le plus souvent), de troubles visuels et/ou d'une difficulté de langage.
Parmi les accidents ischémiques, on distingue les accidents constitués et les accidents transitoires :
Dans les accidents constitués, le déficit neurologique persiste plus de 24 heures. Il laisse le plus souvent des séquelles.
L'accident transitoire prend fin dans les 24 heures, d'où l'absence de séquelles. C'est pourtant un signal d'alarme (cf Qu’est-ce qu’un accident ischémique transitoire ?)
Qu'est-ce qu'un AVC hémorragique ?
L'hémorragie cérébrale fait suite à la rupture d'une artère cérébrale. Le sang s'échappe et se répand dans le tissu cérébral avoisinant, qu'il comprime et endommage. La zone hémorragique est appelée hématome. Les symptômes dépendent du siège et du volume de ce dernier. Tous les intermédiaires sont possibles entre un déficit neurologique discret et rapidement régressif et une paralysie massive d'un hémicorps (une moitié du corps) associée à un coma et un décès rapide en quelques heures.
Et une hémorragie méningée ?
L'hémorragie méningée ou sous-arachnoïdienne se traduit par l'irruption de sang dans les espaces méningés, c'est-à-dire dans les espaces situés entre le cerveau et le crâne. C'est là que les vaisseaux qui irriguent le cerveau sont localisés. Dans 50 à 60 % des cas, l'hémorragie méningée est provoquée par la rupture d'un anévrisme artériel (malformation de la paroi artérielle qui, telle une hernie sur un pneu, peut éclater).
Quelles sont les principales causes des AVC ischémiques ?
Il existe trois causes principales pour les AVC ischémiques les plus fréquents, qui surviennent chez le sujet de la cinquantaine. Les AVC ischémiques surviennent après l'interruption du flux sanguin dans une artère :
soit par un caillot (thrombus) venu d'une lésion de la paroi d'une grosse artère cervicale (artère carotide interne ou vertébrale) ou de l'aorte. Il s'agit le plus souvent d'un rétrécissement (sténose) de l'artère par athérothrombose ;
soit par un caillot venu du coeur (embolie cardiaque), lorsqu'il existe des troubles du rythme cardiaque ou une maladie cardiaque ;
soit par un caillot qui se forme au niveau d'une petite artère intracérébrale, ce qui est fréquent chez les diabétiques ou les hypertendus (maladie des petites artères ou "lacunes").
Quelles en sont les autres causes ?
Chez les adultes jeunes, la cause principale est une dissection de l'artère carotide interne ou de l'artère vertébrale. Il s'agit d'une déchirure qui se produit dans la paroi de l'artère, parfois sur toute sa circonférence et toute sa longueur. Il se forme alors, dans le trou ainsi constitué, un hématome (collection de sang) qui entraîne un rétrécissement de l'artère, avec ralentissement circulatoire. L'hématome peut être à l'origine d'un infarctus cérébral. D'autres signes, en rapport avec l'hématome de la paroi artérielle, peuvent apparaître : maux de tête inhabituels, souvent localisés à la moitié du crâne (hémicrânies), cervicalgies (douleurs cervicales), torticolis (contractures douloureuses au niveau du cou), irritation du nerf sympathique qui longe l'artère carotide interne, se manifestant par une chute de la paupière, un rétrécissement de la pupille (signe de Claude Bernard Horner), un acouphène pulsatile (souffle rythmé par le coeur, perçu dans l'oreille).
Les dissections peuvent être la conséquence d’un traumatisme : direct sur le cou (strangulation, coup du lapin, manipulations cervicales...) ou indirect (mouvement brusque de la tête, revers violent au tennis...). Il arrive qu'aucun traumatisme ne soit découvert. On parle alors de dissection spontanée.
Une autre cause possible chez l'adulte jeune -en dehors de l'embolie cardiaque, comme chez le sujet de la cinquantaine- est une anomalie héréditaire de la coagulation favorisant les caillots.
Une artère obstruée peut-elle se « déboucher » ?
Oui, dans environ 80% des cas, l'artère se débouche (on dit qu’elle se reperméabilise) spontanément. Les lésions cérébrales dues à l'interruption de la circulation sanguine dépendent du délai de cette reperméabilisation.
Si l'artère se débouche rapidement, les symptômes régressent : ce sont les accidents transitoires.
SI l'artère reste obstruée plus de 6 heures, les lésions sont constituées. Les traitements fibrinolytiques, destinés à dissoudre les caillots, ne sont efficaces qu'utilisés dans les trois premières heures qui suivent le début des symptômes, donc avant la constitution de lésions cérébrales irréversibles. D’où l’importance d’un diagnostic et d’une prise en charge les plus rapides possibles (cf Intervenir).
A quoi est dû un AVC hémorragique ?
Les hémorragies cérébrales sont favorisées par l'hypertension artérielle, le diabète, l'alcoolisme et les troubles de la coagulation sanguine, en particulier lors de la prise d'un traitement anticoagulant. Ce dernier doit donc faire l'objet d'une surveillance régulière et attentive.
Elles sont parfois dues, surtout chez les sujets jeunes, à la rupture d'une malformation vasculaire (anévrisme artériel, malformation artério-veineuse ou angiome cérébral), à une anomalie héréditaire de la coagulation favorisant les hémorragies ou à la prise de toxiques.
