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La menace ostéoporotique

La Journée Mondiale contre l'Ostéoporose du 20 Octobre peut-elle suffire à sensibiliser efficacement la population française sur les dangers d'une pathologie dont l'incidence menace de tripler d'ici vingt ans ?

Olivier Vachey


Le 20 Octobre dernier se tenait dans toute la France la Journée Mondiale contre l'Ostéoporose, dont la déclinaison berruyère se révéla en demi-teinte.
Petit retour sur une occasion manquée et amorce d'une réflexion sur d'autres voies de sensibilisation, en compagnie du Dr Denis Rolland, rhumatologue à Bourges.

2001-2011, décennie de l'ostéoporose

Rappel historique : 2001, L'IOF (International Osteoporosis Foundation) lance la décennie de l'ostéoporose. Une nécessité au vu des récentes études épidémiologiques qui indiquent que le nombre de fracture de col du fémur risque de tripler en vingt ans, dans les pays de l'OCDE.

Action phare du processus de sensibilisation, une journée mondiale de l'ostéoporose est instaurée, le 20 octobre de chaque année. Relayé en France par le GRIO (Groupe de Recherche et d'Information sur les Ostéoporoses), l'évènement se veut un moyen fort d'informer le grand public sur l'ensemble du territoire.

Bourges : une journée mi-figue, mi-raisin

A Bourges, l'édition 2007 n'a pas été un grand cru, estime le Dr Denis Rolland. "Malgré les ateliers, les conférences et les animations, les professionnels de santé présents n'ont guère vu passer plus d'une trentaine de personnes".

Manque de budget ? Mauvaise communication ? Journée du samedi peu adaptée à l'information médicale ? Difficile d'identifier les raisons de ce semi échec. Toujours est-il que le Dr Rolland regrette "une si faible participation, qui remet en cause le principe même de cette manifestation, alors que les gens doivent absolument comprendre qu'une fracture après 40 ans est souvent le premier signe d'une fragilité ostéoporotique".

Prise en charge améliorable

"Pour l'heure, seulement 25% des victimes de fractures reçoivent un traitement prévenant l'ostéoporose, alors qu'il est tout à fait envisageable d'atteindre les 80%", déplore Denis Rolland, qui souligne également un autre problème : "60% des patients traités stoppent leur traitement au cours de la première année, l'absence de bénéfice immédiat apparent étant fortement préjudiciable à la compliance".

Actions complémentaires

Si la Journée Mondiale contre l'Ostéoporose peut s'avérer une arme de poids dans la lutte contre la maladie, d'autres actions permettant de renforcer l’efficacité de la prise en charge seraient également bienvenues. Au premier rang desquelles la création d'un registre des fractures ostéoporotiques ?

"Un projet, initié à Bourges avec le Collège Français des Médecins Rhumatologues (CFMR), est en cours de développement et sera lancé début 2008 ", dévoile le docteur Rolland. "En résumé, les personnes fracturées seront toutes identifiées par les chirurgiens orthopédistes afin de leur proposer une ostéodensitométrie et une consultation rhumatologique de diagnostique et de mise en route du traitement. Les médecins traitants seront impliqués pour le renouvellement. Une infirmière dédiée s'occupera de contacter régulièrement les malades, de façon à favoriser l'information, la compliance au traitement et le suivi médical si nécessaire ".

Un projet prometteur, qui devrait permettre d'aboutir à un protocole applicable sur l'ensemble du territoire.